Quatre ans après son entrée en vigueur, le 1er juin 2009, le revenu de solidarité active (RSA), une des mesures phares du quinquennat de Nicolas Sarkozy, apparaît de plus en plus comme un colosse aux pieds d’argile. Défendue par Martin Hirsch, alors un des symboles de l’ouverture à gauche du gouvernement Fillon, cette prestation, dont la principale originalité était d’assurer à la fois un revenu minimum garanti en cas d’inactivité (RSA « socle ») et un complément de revenu aux travailleurs pauvres (RSA « activité »), se voulait un instrument de lutte contre la pauvreté et un facteur d’incitation au travail.

Elle se distingue aujourd’hui par un taux de non-recours particulièrement élevé – 68 % des personnes qui pourraient y prétendre ne la demandent pas – et un niveau record d’erreurs de paiement.

Chaque mois, des milliers de bénéficiaires du RSA doivent rembourser des sommes qui leur ont été versées à tort par les caisses d’allocations familiales (CAF). Ces « indus », comme on les appelle dans l’administration, peuvent provenir d’une tentative de fraude, mais surtout d’une erreur de l’usager ou de l’organisme payeur ; on parle alors d’indus « non intentionnels ». La diminution de ces ratés – symptômes du dysfonctionnement de la prestation – est au coeur de la mission sur la simplification du RSA qui a été confiée au député de Saône-et-Loire Christophe Sirugue (PS), dont le rapport est attendu fin juin.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/19/les-trop-percus-symptomes-de-l-echec-du-rsa_3432573_3224.html

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