Le plan du Premier ministre japonais pour que l’économie renoue avec une croissance auto-entretenue grâce aux « trois flèches » de l’assouplissement monétaire massif, des dépenses budgétaires et des réformes structurelles peine à atteindre sa cible

La Banque du Japon (BoJ) a décidé vendredi d’assouplir davantage sa politique monétaire, en augmentant son programme de rachat d’actifs, dans l’espoir de donner un coup de fouet à une économie chancelante.

La BoJ a fait savoir qu’elle allait désormais augmenter la base monétaire de 80 000 milliards de yens (583 milliards d’euros) par an, contre 60 000 à 70 000 milliards auparavant, alors que la troisième puissance économique mondiale est durement touchée par l’entrée en vigueur début avril d’une taxe sur la consommation à 8 % (contre 5 % auparavant).

« L’économie japonaise se trouve à un moment critique dans son combat contre la déflation », a justifié le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda. L’évolution des prix a subi « une pression à la baisse » en raison « de la faiblesse de la demande à la suite de l’augmentation de taxe et d’un déclin significatif des tarifs du pétrole brut », avait expliqué auparavant la banque centrale. « Si la pression actuelle perdure, même à court terme, la sortie de déflation, qui a pour l’instant progressé fermement, risque d’être retardée », avait-elle averti.

« Ces mesures reflètent notre détermination inébranlable », et « nous ferons tout notre possible pour atteindre notre objectif d’inflation de 2 % au plus tôt », a assuré M. Kuroda. Sous son impulsion, l’institut d’émission avait complètement revu en avril 2013 sa façon de lutter contre la déflation, un mal qui a miné l’économie nippone pendant une quinzaine d’années. Plutôt que d’agir directement sur les taux directeurs, il a choisi de cibler une augmentation de la masse monétaire.

La recette semblait fonctionner jusqu’à cette fameuse hausse de taxe, qui a considérablement ébranlé la confiance des ménages, et fait dérailler les « abenomics », ambitieuse politique de relance du Premier ministre Shinzo Abe, faute de réformes structurelles selon ses détracteurs.

Le Produit intérieur brut (PIB) a ainsi plongé de 1,8 % au deuxième trimestre (avril-juin) comparé au trimestre précédent, un recul sans précédent depuis la triple catastrophe (séisme, tsunami, accident nucléaire) survenue en mars 2011. Des statistiques plus récentes ont confirmé cette morosité, faisant craindre une répétition du scénario de 1997, quand une pression fiscale accrue avait plongé l’archipel dans une longue période de stagnation.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/10/31/la-banque-du-japon-va-a-rebours-de-la-fed_4515945_3234.html

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