Compétitivité : un risque de décrochage?

Depuis des années, la perte de compétitivité de la France, cette difficulté de notre économie à rester dans la course mondiale, donne des sueurs froides aux économistes comme aux politiques. Aux craintes que l’Hexagone ne soit relégué au second rang, s’ajoutent celles d’un déclassement d’une partie de sa population, terreau du vote contestataire et populiste. […]

Une étude publiée jeudi 10 novembre par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), sur « L’Etat du tissu productif français », relance le débat. « Oui, il y a une vraie menace de décrochage de l’appareil productif français », assène Lionel Nesta, principal auteur de l’étude, professeur à l’université de Nice-Sophia Antipolis et directeur du département innovation et concurrence à l’OFCE.

Une situation intimement liée aux difficultés de l’industrie tricolore, qui joue « un rôle central dans la croissance économique » rappelle M. Nesta. Et pour cause. Si elle ne représente plus que 11 % du PIB en 2013 (contre 22,6 % en Allemagne), l’industrie est fortement consommatrice de services marchands et concentre l’essentiel des exportations et des efforts de recherche et développement (R&D) privée. Elle regroupe aussi des emplois en moyenne plus sophistiqués, donc mieux payés, et des possibilités de gain de productivité plus importants.[…]

L’étude de l’OFCE a le mérite de ne pas réduire le sujet à la question du coût du travail, « usual suspect » en matière de perte de compétitivité, qui incite les entreprises françaises à réclamer toujours plus de baisses de charges. Selon M. Nesta, si l’économie tricolore décroche, c’est qu’elle est « prise en sandwich entre une concurrence en prix croissante [de la part de l’Espagne notamment, qui a drastiquement réduit son coût du travail] et une anémie persistante de son effort de recherche et de ses investissements productifs ».[…]

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http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/11/11/competitivite-le-decrochage-francais-est-il-irreversible_5029377_1656968.html

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Premiers sujets de SES du bac 2016 (MaJ)

Centres étrangers (juin 2016)

Dissertation : La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ?

EC3: Vous montrerez comment les mesures de lutte contre les discriminations contribuent à la justice sociale.

Amérique du Nord (juin 2016)

Dissertation : Quel rôle joue l’école dans la mobilité sociale ?

EC3: Vous montrerez que différents mécanismes sont à l’origine des crises économiques.

Liban (mai 2016)

Dissertation : Quels peuvent être les effets des conflits sociaux sur le changement social ?

EC3: Vous montrerez que le progrès technique est source de croissance.

Pondichery (avril 2016)

Dissertation : Les variations de la demande expliquent-elles à elles seules les fluctuations économiques ?

EC3: Vous montrerez que l’école rencontre des difficultés pour assurer la mobilité sociale.

Le projet de loi El Khomri

Le projet de loi de Myriam El Khomri visant à « instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs » a été adopté en 1ère lecture à l’Assemblée Nationale le 24 mars 2016, le Gouvernement ayant engagé la procédure accélérée sur ce projet (article 49.3 de la Constitution).

Doc 1 – Les grandes lignes du projet de loi:

 

Doc 4 – Loi El Khomri, les économistes divisés:

 

  • Doc 5 – Le débat entre économistes hostiles et favorables à la réforme, dans deux tribunes publiées dans Le Monde: Débat économique

 

Les Suisses voteront pour ôter aux banques leur pouvoir de création monétaire

 

Une initiative populaire visant à donner à la banque centrale suisse le monopole de la création monétaire a obtenu assez de signatures pour organiser une votation.[…]

Pour disposer d’une économie plus stable et mieux maîtrisée et d’une création monétaire plus centrée sur l’économie réelle, les auteurs de l’initiative proposent donc de préciser que la BNS « émet désormais seule » non seulement la monnaie physique, mais aussi la « monnaie scripturale. » Conséquence : les banques perdront leur capacité de créer de l’argent ex nihilo. Tout prêt accordé par une banque devra ainsi être couvert par de la monnaie de la banque centrale au bilan de l’établissement. Dès lors, la BNS maîtrisera entièrement la création monétaire.[…]
L’initiative s’inscrit dans une longue histoire. C’est, dans les années 1930, l’économiste Irving Fisher, qui avait lancé la proposition dans le cadre du « plan de Chicago » proposé au président Franklin Delano Roosevelt. Ce dernier a rejeté cette proposition, mais elle a été reprise par plusieurs économistes, dont le monétariste Milton Friedman. Cette idée a cependant été progressivement oubliée sous le triomphe de la financiarisation de l’économie. C’est la crise de 2007-2008 qui la fait revivre avec notamment une étude de deux économistes du FMI, Jaromir Benes et Michael Kumhof, qui reprennent et valident les thèses d’Irving Fisher, voyant dans le retrait aux banques de la création monétaire, un moyen de dynamiser la croissance en réduisant les risques de crise.

http://www.latribune.fr/economie/international/les-suisses-voteront-pour-oter-aux-banques-leur-pouvoir-de-creation-monetaire-539180.html

L’UE entame un débat sensible sur le statut de l’économie chinoise

 

L’économie de la république populaire de Chine est elle une économie de marché ? si oui, c’est la cata. C’est le Figaro économie qui nous alerte ce matin sur ce dossier, en apparence technocratique et juridique, dont l’examen commence aujourd’hui à Bruxelles. L’union européenne doit elle accorder le statut d’économie de marché à la Chine, 15 ans après son adhésion à l’organisation mondiale du commerce ? Pékin y aurait théoriquement droit. Problème, si la réponse est affirmative, des millions d’emplois en Europe, plus de 300 000 en France seraient menacés affirme le Figaro. Pourquoi ? parce que le purgatoire d’économie « non marchande » dans lequel était jusque là cantonnée la Chine permettait à l’europe de brandir tout un arsenal anti dumping et anti subventions contre les importations chinoises. Arsenal qui tomberait automatiquement en cas de changement de règles du jeu, « les entreprises européennes seraient alors privées de défense face à une avalanche de biens bon marché. Principaux secteurs touchés : textile, ameublement, métallurgie et électronique.  Inutile de préciser que Pékin milite ardemmentpour cette reconnaissance, quand l’europe elle est divisée sur la question. Royaume uni et pays bas sont à fond pour, France, Italie et europe centrale s’inquiètent pour leur industrie nationale, mais craignent en cas de résistance une restriction des investissements chinois. D’ici la fin de l’année, les 28 sont appelés à prendre une décision…qui pèsera lourd donc sur notre économie et nos emplois.

Source: http://www.franceinter.fr/emission-la-revue-de-presse-menaces-economiqueschinoises-et-porcines

 

Les machines digitales ouvrent une nouvelle ère de prospérité

Pour l’économiste américain Erik Brynjolfsson, l’essor des technologies de l’information annonce la prochaine révolution industrielle non plus mécanique, mais cognitive.

 

Le « Deuxième âge de la machine », est un clin d’œil à cette époque où la machine, remplaçant les muscles des chevaux et des hommes, a permis la mécanisation du travail physique… et un formidable décollage de l’humanité, dont le niveau et la qualité de vie étaient restés jusque-là relativement inchangés. Aujourd’hui, la puissance de calcul des ordinateurs couplée à la démultiplication des réseaux est en train de produire un phénomène similaire, à une échelle encore inédite : la mécanisation du travail cognitif. Ce qui laisse augurer une nouvelle ère de prospérité. On en voit les balbutiements avec l’apparition de technologies qui, il y a cinq ans encore, relevaient de la science-fiction : voiture sans conducteur, commande vocale de smartphones, télédiagnostic médical, autoremplissage de documents, automates qui répondent aux questions au téléphone ou en ligne, logiciels capables de rédiger des articles simples de résultats sportifs ou boursiers, ou de battre nos meilleurs étudiants au jeu « Jeopardy ».

Le Prix Nobel d’économie Robert Solow disait en 1987 : « Je vois l’avènement des ordinateurs partout sauf dans les chiffres de la productivité. » Pourquoi a-t-il fallu attendre trente ans pour que s’ouvre cette nouvelle ère ?

Jusqu’ici, la diffusion des technologies de l’information a été une révolution à bas bruit qui affectait nos vies à la marge et qui, en effet, dans le business, ne se traduisait guère en gains de productivité. Mais aux Etats-Unis, ceux-ci ont recommencé à croître depuis les années 90. Comme l’ont montré nos travaux, il faut cinq à sept ans en moyenne aux entreprises pour digérer la technologie et adapter leur organisation et leur process pour en tirer profit.[…]

Que vont laisser aux humains des machines ultrapuissantes ?

Les machines excellent actuellement aux tâches routinières, qu’elles soient physiques ou mentales. Mais je ne sais pas de quoi elles seront capables demain – il y a dix ans, je ne les imaginais pas conduire une voiture ! En attendant, il y a au moins trois domaines dans lesquels les humains ont encore l’avantage. La créativité et l’esprit d’entreprise, d’abord. Ces deux qualités vont devenir d’autant plus précieuses que la digitalisation en amplifiera les retombées. Les relations interpersonnelles, ensuite : vendre, éduquer, motiver, soigner… tout cela requiert des capacités empathiques qui font encore largement défaut aux machines. La dextérité, enfin. Les robots sont très maladroits : coiffeurs, jardiniers, plombiers ont encore de beaux jours devant eux.

Né en 1962, Erik Brynjolfsson est professeur de management à la business school du MIT. Spécialiste de l’effet des technologies sur l’emploi et la productivité, il dirige le Center for Digital Business de l’université et est chercheur associé au National Bureau of Economic Research. Il est coauteur en 2011 de Race against The Machine (livre électronique) et vient de publier avec Andrew McAfee, The Second Machine Age (W.W. Norton & Company).

http://www.lesechos.fr/30/05/2014/lesechos.fr/0203345192923_erik-brynjolfsson——les-machines-digitales-ouvrent-une-nouvelle-ere-de-prosperite–.htm#t0eku0idu1Vz3E2F.99